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Sécurité alimentaire
Ecrit par Romain Nouffert, le 3 novembre 2008 | Lien permanent
Chers lecteurs,
Tout d’abord, je vous dois des excuses : je vous avais promis que je reprendrais l’écriture de ce blog après la pause estivale, mais, la rentrée ayant été très chargée (notamment à la suite d’une acquisition importante, j’y reviendrai sur ce blog), je n’avais pas eu le temps jusqu’à maintenant de tenir cette promesse.
Cette année, j’aimerais que ce blog me permette d’aborder plus largement les enjeux des entreprises du secteur alimentaire, et notamment tout ce qui tourne autour de la Qualité. Mais auparavant, je voudrais revenir encore une fois sur le sujet qui, au départ, avait motivé l’ouverture de ce blog : la fraude dont nous avons été victimes au printemps dernier de la part de fournisseurs ukrainiens d’huile de tournesol.
En réponse à certaines questions, je vous réaffirme avec force que cet épisode est maintenant terminé. Tout cela est derrière nous. Vous pouvez acheter de l’huile de tournesol dans les grandes surfaces ou chez vos commerçants, comme toutes les autres huiles, en toute confiance.
Quatre mois après l’ouverture de ce blog, et plus de 6 mois après les faits, nous disposons maintenant de suffisamment de recul pour analyser « à froid » ce qui s’est passé et en tirer des grands enseignements. Il ne s’agit pas de désigner des coupables, ou au contraires de s’auto-congratuler : il s’agit d’avoir l’humilité de se remettre en cause lorsque c’est nécessaire, pour améliorer nos manières de faire à l’avenir. Je pense que c’est une démarche normale de dirigeant responsable.
Premier enseignement : les conséquences de la fraude du fournisseur ukrainien d’huile de tournesol se sont manifestées à l’échelle européenne (d’ailleurs, une nouvelle norme UE a été définie à la suite de cet épisode). Cela a compliqué la gestion de la crise au niveau de chaque pays, car la communication entre les professionnels des huiles des différents pays n’a pas été assez directe. Nous devons désormais être capables de nous parler plus vite et plus clairement entre professionnels de l’ensemble de la chaîne alimentaire, depuis le fournisseur jusqu’au distributeur, en passant par le transporteur. Je pense que la leçon a été tirée et que ce sera le cas à l’avenir.
Second enseignement : nous avons travaillé en totale transparence avec l’administration, en temps réel. Cette collaboration s’est avérée très efficace. Pour nous, c’est important de savoir que nous pouvons compter sur les pouvoirs publics, lorsque la situation l’exige, pour travailler de façon réactive, responsable et dans l’intérêt général.
Troisième enseignement, qui est d’ordre managérial : lorsque des rumeurs commencent à se propager, la communication interne prend une importance primordiale. Il est très important d’expliquer aux salariés ce qui s’est passé, et les mesures qui ont été prises, car les salariés sont eux-mêmes souvent pressés de questions par leurs proches, et il est très difficile pour eux d’être dans l’incertitude.
Quatrième enseignement, plus technique : nous avons mis en place toute une série de mesures pour nous assurer que les faits ne puissent plus se reproduire.
- Ainsi, les procédures internes ont été renforcées, en particulier sur les méthodes de détection et d’analyse des huiles minérales et leur application à toute la « supply chain » (pardon pour le jargon : « chaîne logistique ») ;
- les contrôles ont été généralisés sur les huiles brutes et sur les huiles raffinées ;
- nous avons mis en place une recherche exhaustive des micro-contaminants à chaque réception d’huiles par cargos, et cela avec la collaboration de plusieurs laboratoires différents et indépendants, reconnus pour leur compétence ;
- nous maintenons nos efforts pour assurer un approvisionnement en matières premières françaises (pour la majorité) et européennes, mais, lorsque nous aurons à recourir à l’importation hors UE, nous organisons des systèmes d’assurance qualité stricts à partir de la récolte et jusqu’à la livraison ;
- enfin, nous sommes en train de renforcer notre organisation interne en matière de Qualité, avec une direction Qualité qui sera rattachée directement à la direction générale, ce qui devrait accroître notre réactivité.
Voilà, à grands traits, ce que nous avons appris de cet épisode. Dans un prochain post, je reviendrai sur le métier de la Qualité chez Lesieur. En attendant, n’hésitez pas à continuer à poser vos questions, j’essaierai d’y apporter des réponses rapidement.
A bientôt,
Romain
« Blog et commentaires »
Ecrit par Romain Nouffert, le 25 juin 2008 | Lien permanent
Bonjour à tous
Je me familiarise de plus en plus avec les us et coutumes du blog, ce fameux web 2.0 dont nous entendons tant parler depuis quelque temps. Je vous avoue être surpris parfois par la violence de certains commentaires, et si d’aucuns ne manqueront pas d’ironiser sur ma naïveté et ma candeur, je ne pensais pas que ce blog susciterait autant de passions. Cela dit, il est normal que sur les sujets de sécurité alimentaire les questions soient nombreuses, surtout autour de produits du quotidien comme ceux que nous vendons depuis des années. Je l’ai déjà dit, je partage complètement les inquiétudes des consommateurs qui, par manque d’informations, ont entendu des choses fausses et anxiogènes sur l’huile minérale présente dans certains produits. C’est pour cela que j’ai décidé d’ouvrir ce blog : pour répondre aux questions qui se posent depuis la découverte de cette fraude.
Qu’attend-on en définitive d’une entreprise confrontée à ce genre de problèmes? Qu’elle agisse en responsabilité, en prenant les dispositions qui s’imposent et en en tirant tous les enseignements. C’est ce que nous avons fait dès que la fraude a été identifiée, et encore hier je dirigeais une réunion sur les procédures de contrôle à mettre en place dans notre groupe pour que pareille situation ne se reproduise plus. Tout n’a pas été parfait, et je ne cherche ni à me donner le beau rôle, ni à me dédouaner de quoi que ce soit. Tout est améliorable, et nous fournissons des efforts considérables en ce sens car vous attendez beaucoup de nous, à juste titre d’ailleurs.
Néanmoins, une fois les dispositions prises et les autorités averties, il aurait pu être possible d’attendre qu’une nouvelle histoire vienne chasser celle-ci. Or nous avons fait exactement l’inverse en ouvrant ce blog: au risque de cristalliser les rancoeurs, nous avons fait le pari de la transparence et de l’information régulière pour nos clients comme pour le grand public. C’est ça aussi la responsabilité d’un dirigeant aujourd’hui.
Romain
Mettre fin aux rumeurs
Ecrit par Romain Nouffert, le 20 juin 2008 | Lien permanent
Aujourd’hui, un certain nombre de rumeurs et d’affirmations erronées touchent nos entreprises et nos marques. S’il est normal que certains clients soient inquiets et souhaitent en savoir davantage, il faut remettre les choses en perspective et regarder la situation telle qu’elle est. Voilà pourquoi, en tant que directeur général délégué de Lesieur, j’ai souhaité prendre la parole sur ce blog, de manière simple, directe et accessible.
Saipol et Lesieur ont été victimes, comme d’autres sociétés en Europe, d’une fraude organisée par certains fournisseurs ukrainiens, de l’huile minérale ayant été incorporée en faible quantité dans de l’huile de Tournesol. Dès que nous nous sommes aperçus de cette fraude, nous avons pu bloquer, en accord avec les autorités publiques françaises, la totalité des produits non conformes. Lorsqu’un défaut de conformité se présente, nous bloquons les produits, dans le respect de nos consommateurs. C’est notre devoir d’entreprise responsable, c’est mon devoir de chef d’entreprise.
Nous avons, dans le même temps, fait procéder à des analyses des livraisons ukrainiennes antérieures et avons constaté qu’une de ces livraisons avait été l’objet de la même fraude. Nous avons immédiatement lancé la procédure de blocage. Aujourd’hui, pour éviter que de tels faits surviennent de nouveau, plusieurs procédures juridiques sont en cours afin de pouvoir établir clairement les responsabilités. L’Union Européenne a d’ailleurs interdit l’importation d’huile en provenance d’Ukraine.
Un mot encore sur les prix. J’entends ici ou là que nous nous approvisionnons en Ukraine car l’huile y est moins chère. C’est faux. L’achat de l’huile de tournesol se fait sur la base d’un prix mondial, en fonction de l’offre et de la demande. Nous achetons en priorité des huiles françaises, mais sommes néanmoins obligés de recourir à des huiles ukrainiennes pour compléter nos approvisionnements.
Nous avons donc agi en responsabilité, mais une fraude est complexe à détecter lorsqu’elle est sciemment organisée. Il est primordial pour nous de connaître en détail ce qui s’est passé. Même s’il n’y a pas de danger avéré en termes de santé publique, s’engager pour nos clients en faveur de la qualité implique des droits et des devoirs. A nous d’en tirer dès à présent toutes les conséquences en renforçant encore nos systèmes de contrôle et d’analyse. Améliorer encore ce que nous proposons à nos clients : voilà le but que nous poursuivons au quotidien.
Rubriques : Actus, Enjeux juridiques, Enjeux sanitaires, Huiles alimentaires, La marque Lesieur
Tags: consommateurs, fournisseurs ukrainiens, huile minérale, Lesieur, responsabilité, rumeurs, Saipol, sécurité, transparence
Info ou intox : attention aux rumeurs qui circulent
Ecrit par Romain Nouffert, le 18 juin 2008 | Lien permanent
Il ne faut pas croire que nous allons nous approvisionner en Ukraine pour des raisons de coût. En fait, l’achat de l’huile de tournesol se fait sur la base d’un prix mondial, en fonction de l’offre et de la demande. Nous nous fournissons en huile de tournesol essentiellement en France. 80% de la production française de graines de tournesol est transformée en France. Nous complétons nos approvisionnements notamment par des huiles en provenance d’Ukraine.
Le prix de revient des huiles ukrainiennes importées en France n’est pas inférieur aux huiles françaises que nous achetons en priorité. Nous sommes néanmoins obligés de recourir à des huiles ukrainiennes pour compléter nos approvisionnements.
Vous entendrez souvent que 40 000 tonnes d’huile non conformes sont arrivées en France. C’est dans toute l’Europe de l’Ouest que ces 40 000 tonnes ont été distribuées en provenance d’Ukraine.
Une fraude bien organisée et difficile à détecter
Ecrit par Romain Nouffert, le 16 juin 2008 | Lien permanent
Nous avons décidé de renforcer nos systèmes de contrôle et d’analyse pour vous mettre à l’abri de toute tentative de livraisons frauduleuses. La dernière a été très difficile à détecter. Nous vérifions toujours la qualité des ingrédients de fabrication de nos produits. Connaître la composition des huiles ukrainiennes nécessite des capacités d’analyse à grande échelle en Europe. Il existe peu de laboratoires compétents sur ce sujet et ils sont vite saturés par des demandes d’analyse de la part de tous les opérateurs européens concernés.
Que justice soit faite pour le respect des consommateurs
Ecrit par Romain Nouffert, le 14 juin 2008 | Lien permanent
Nous avons lancé depuis de début de cette affaire de nombreuses procédures juridiques afin de pouvoir établir clairement les responsabilités. Certaines font recours à l’arbitrage (prévu dans le contrat d’approvisionnement) d’autres directement devant les juridictions françaises. Nous avons par ailleurs saisi directement le gouvernement ukrainien. Nous ferons tout pour savoir en détail ce qui s’est passé.
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