« Devoir d’information »
Bonjour à tous
Merci pour vos commentaires et vos réactions.
Je comprends et partage votre inquiétude. Je reviendrai dans un prochain billet plus longuement sur les questions de santé publique que certains d’entre vous soulèvent.
Rappelons que, dès que l’information nous est parvenue, et même si les niveaux retrouvés sur quelques échantillons étaient minimes et ne présentaient pas de risques pour la santé - selon les estimations des scientifiques -, il était de notre devoir d’entreprise responsable d’engager une procédure de récupération des produits et livraisons. Ce que nous avons fait.
Je souhaite surtout partager aujourd’hui avec vous une réflexion sur le devoir d’information qui incombe à chaque entreprise. Nous ne cherchons pas à nous justifier coûte que coûte, sinon quel serait l’intérêt de ce blog ? Prendre le pari de la politique de l’autruche aurait été une solution plus facile, n’est-ce pas ?
Une fois cela posé, nous ne nous exonérons pas de nos responsabilités, mais il faut bien comprendre la difficulté qui se pose lorsque vous êtes exposés à un cas nouveau. En l’état, la fraude organisée par certains producteurs ukrainiens était si « parfaite » qu’elle a pu passer à travers les mailles de tous les systèmes de contrôle en vigueur. Nous avons d’ores et déjà pris des mesures pour que cela n’arrive plus dans le futur.
Il a dès lors fallu un peu de temps pour déceler le problème et prendre immédiatement les mesures qui s’imposaient.
A ce moment-là, le devoir d’information prévaut: information des autorités françaises, information des clients, information des collaborateurs… A posteriori, certaines choses auraient pu être gérées de manière différente, mais nous avons essayé de faire les meilleurs choix avec les données qui étaient à notre disposition. A fraude exceptionnelle situation exceptionnelle. A nous de veiller à ce que cela ne se puisse plus jamais se reproduire!
Romain
PS/ J’ai cru comprendre que certains bloggeurs voudraient encore plus de réactivité. J’essaie de répondre quotidiennement sur ce blog, et je suis sur tous les fronts et essaie de faire au mieux. Merci de votre indulgence, cet exercice est nouveau pour moi, je m’efforce dès lors de répondre le plus sincèrement et le plus précisément à vos interrogations !

24 juin 2008 à 14:18
Tout d’abord, bravo, la démarche d’ouvrir un blog est louable. Et vous servira plus que vous desservira, je pense.
Maintenant, comment expliquez-vous la note de votre entreprise expliquant qu’il ne fallait pas répondre au Canard Enchainé, qui a sorti cet affaire ? Et comment justifiez-vous le fait d’avoir bloqué les nouveaux arrivages, tout en ayant laissé les produits déjà en rayon sans les faire retirer d’urgence, au prétexte que ceux-ci ne seraient pas toxiques ?
De la part d’une grande marque qui prétend comme ses consoeurs viser avant tout la qualité des produits, c’est quand même lamentable.
24 juin 2008 à 17:50
en tout cas votre mobilisation et l’essai de discuter me parait louable - s’astreindre à un maximum de réactivité est le principe de l’exercice
bon courage
25 juin 2008 à 9:03
Bel acte de transparence.
Difficile en effet de se protéger contre une fraude délibérée et à ce point cynique.
Personne n’est à l’abri d’un petit producteur d’huile bio qui perdrait la boule et vendrait des produits toxiques, il est donc ridicule de vouloir opposer les grands groupes “dangereux” aux petits producteurs “sains”, comme font certains “alters”.
A priori, Lesieur a une image de marque à défendre sur le long terme, ce qui rassure par rapport à un petit producteur.
Un grand groupe a aussi les moyens de faire des contrôles. Un petit producteur peut vendre sans le savoir des produits dangereux.
Aucune raison donc de renoncer aux produits des grands groupes.
Toutefois, je crois que pas mal d’inquiétudes restent liées à la dose considérée comme “normale” par “les scientifiques”.
Seuil normal pour ne pas développer de toxicité aigüe ?
Risque éventuel à long terme ?
Sauf erreur, je crois qu’il manque ici une information : qu’est-ce exactement que ces huiles minérales (ou huiles de moteur) ?
Quelles sont leur composition ? Sont-elles cancérigènes comme les hydrocarbures ?
“Huile de moteur”, a priori ça ne rassure pas.
Une petite explication sur la nature de ces huiles minérales pourrait être utile, puisqu’apparemment on tolère leur présence en petite quantité dans l’huile alimentaire. Merci.
26 juin 2008 à 7:57
Pour que ce soit plus transparent :
Avez-vous retiré les produits qui contenaient de l’huile minérale ou juste les produits non-conformes (selon les autorités) ?
Les analyses qui étaient pratiquées ne pouvaient donc pas détecter la présence d’huiles toxiques, à la suite d’une erreur ou d’une fraude ?
Vous pouvez nous donner des exemples de fraudes pas sciemment organisées ?
Le prix mondial (et donc en Ukraine) ne monte-t-il pas si les chefs d’entreprise responsables imposent des analyses strictes sur la qualité des produits ?
30 juin 2008 à 9:27
Axel,
“A priori, Lesieur a une image de marque à défendre sur le long terme, ce qui rassure par rapport à un petit producteur.”
Je n’ai rien contre les grands groupes a priori. En revanche, je pense que votre analyse est quelques peu erronée.
Le petit producteur doit absolument défendre sont image de marque sur le long terme. Tout autant qu’un grand groupe.
Le petit producteur, la marque c’est sa trombine et ses clients sont à moins de 20 km de chez lui. Si il commet un faux pas c’est toute son exploitation qui peut fermer.
Je pense donc que la consommation locale et le contact avec les petits producteurs est plutôt un gage de transparence et de qualité sur le long terme.
4 juillet 2008 à 11:22
Je comprends que la décision de retirer tous les produits contaminés soit jugé trop couteuse (quoique, en image de marque, à long terme…) mais j’aimerai simplement savoir en combien de temps tous les produits même faiblement contaminés auront quitté nos magasins : on parle de semaine, de mois, d’année ?
Il doit être statistiquement facile de répondre à cette question.